Au Canada, un CPA peut accepter un client référé. Pour les mandats courants, les codes provinciaux (règle 216 du code harmonisé, article 35 au Québec) permettent la rémunération de la mise en relation avec mesures de sauvegarde, divulgation écrite et consentement du client. Pour un client de certification (audit, mission d'examen), verser une commission pour obtenir le client est interdit. Les honoraires payés pour un service réel et défini sont expressément exclus de la définition de compensation du code harmonisé ; la substance de l'entente prime, et le texte de votre ordre fait foi.

Un cabinet qui reçoit un client par un service de mise en relation se pose vite la question : est-ce conforme au code de déontologie ? Réponse courte : oui, le référencement de clients est admissible pour un CPA au Canada, à deux conditions, la divulgation au client et la préservation de l’indépendance. Voici le cadre, province par province, et les réflexes à adopter avant de signer quoi que ce soit.
La profession encadre la pratique, elle ne l’interdit pas. Chaque ordre provincial applique un code de déontologie largement harmonisé à l’échelle canadienne : le CPA Code of Professional Conduct en Ontario et dans la plupart des provinces de common law, le Code de déontologie des comptables professionnels agréés au Québec. CPA Canada soutient la profession à l’échelle nationale, mais c’est votre ordre provincial qui fait foi.
Trois principes structurent l’analyse d’un arrangement de référencement :
La nuance décisive : ce n’est pas la mise en relation qui pose problème, c’est la nature et la transparence de l’arrangement financier qui l’accompagne. La vigilance des ordres porte sur les honoraires de référence (referral fees) occultes et sur les commissions indexées sur les honoraires facturés.
Dans le code harmonisé appliqué en Ontario et dans plusieurs provinces, la règle 216 (« Commission or compensation arrangements ») encadre le versement ou la réception d’une rémunération liée à l’orientation d’un client. L’esprit du texte : un tel arrangement doit être divulgué au client et ne doit pas compromettre l’objectivité du membre. Les formulations exactes et les exceptions varient d’une province à l’autre : référez-vous toujours au texte publié par votre ordre (voir les sources en fin d’article).
Tous les canaux d’acquisition ne se valent pas sur le plan déontologique. Le tableau suivant classe les arrangements courants, du plus risqué au plus simple à gérer :
| Arrangement | Mécanique financière | Exigence déontologique principale | Niveau de risque |
|---|---|---|---|
| Commission en pourcentage des honoraires facturés | L’apporteur est payé sur votre facture, mandat après mandat | Divulgation, plus menace directe sur l’indépendance (incitatif à surfacturer) | Élevé |
| Honoraire de référence non divulgué | Versement occulte entre l’apporteur et le cabinet | Non conforme : la divulgation au client manque | Élevé |
| Honoraire de référence fixe et divulgué | Montant ponctuel, indépendant des honoraires de la mission | Divulgation faite ; surveiller le conflit d’intérêts | Modéré |
| Service de jumelage à coût fixe, sans commission sur les honoraires | Coût connu d’avance, aucune ponction sur la facture du client | Divulgation simple ; indépendance préservée | Faible |
| Publicité et référencement naturel | Aucun tiers rémunéré à la mise en relation | Règles de publicité de l’ordre (véracité, pas de comparaison trompeuse) | Faible |
La logique est constante : plus la rémunération de l’apporteur est indexée sur vos honoraires, plus la menace sur l’indépendance est forte, et plus la divulgation devient délicate à formuler. Un arrangement à coût fixe, connu d’avance et étranger à votre facturation est le cas le plus confortable à divulguer et à défendre. Sur l’achat de contacts en volume, qui obéit à la même grille d’analyse, voyez acheter des leads comptables : ce qu’il faut vérifier avant de payer.
Ontario. CPA Ontario applique le CPA Code of Professional Conduct, incluant les dispositions sur les commissions et les honoraires de référence. La mise en relation est admissible pour les mandats courants, sous réserve de mesures de sauvegarde, d’une divulgation écrite et du consentement du client (règle 216.1) ; elle est interdite lorsque le paiement constitue une compensation versée pour obtenir un client de certification (règle 216.2), peu importe la divulgation. Les honoraires payés pour un service réel et défini sont expressément exclus de la définition de compensation de la règle 216 ; l’ordre apprécie toutefois la substance de l’entente.
Québec. L’Ordre des CPA du Québec applique le Code de déontologie des comptables professionnels agréés (RLRQ, c. C-48.1, r. 6.1, en vigueur depuis mai 2024), dont l’article 35 permet de verser une commission pour obtenir un client à condition d’appliquer des mesures de sauvegarde et d’informer le client par écrit, et dont l’article 36 interdit d’en verser une pour obtenir un client de services de certification. Le réflexe sûr : valider tout arrangement contre le texte en vigueur avant de s’engager, la rédaction québécoise étant plus restrictive que le code harmonisé sur certains points.
Autres provinces. CPABC, CPA Alberta et les autres ordres appliquent des variantes du code harmonisé. Les principes (divulgation, indépendance, intérêt du client) sont communs ; les seuils, les définitions de « personne liée » et les modalités exactes de divulgation varient. Aucune statistique consolidée sur la fréquence des sanctions liées aux referral fees n’est publiée par les ordres : en cas de doute, la ligne éthique de votre ordre est là pour répondre à ce type de question.
Attention au piège classique : extrapoler les règles étrangères au Canada. Les régimes divergent sur des points concrets ; comparez avec nos analyses des referral fees selon l’AICPA aux États-Unis, de la déontologie de l’apport d’affaires pour les professionnels comptables en France et du panorama des règles d’apport d’affaires par pays.
Ce travail de qualification s’ajoute au coût réel d’acquisition d’un client, souvent sous-estimé. Nos repères sur le coût d’acquisition d’un client pour un cabinet comptable et sur le temps perdu à chercher des clients aident à comparer chaque canal à son coût complet.
Analysé avec la grille ci-dessus, le programme partenaire présenté sur le hub Bankeo pour les cabinets comptables se place dans la catégorie à faible risque du tableau :
Côté volume et traçabilité : le réseau compte 1 500+ firmes inscrites (Bankeo vérifie l’inscription de chaque comptable à son ordre professionnel avant toute mise en relation), plus de 15 000 demandes reçues depuis 2023, une note de 4,7/5 sur 180+ avis Google et un jumelage souvent conclu en 48 heures. Les critères de fiabilité appliqués au réseau sont documentés dans l’Indice Bankeo. Pour les questions pratiques (types de demandes, secteurs couverts, déroulement du jumelage), consultez la FAQ des cabinets partenaires et les nouvelles du réseau.
La question n'est pas de savoir si un CPA peut recevoir un client référé, mais à quelles conditions. Dès qu'aucune commission n'est prélevée sur les honoraires et que personne n'intervient dans la mission, le CPA reste pleinement responsable de son travail, de ses tarifs et de son indépendance : c'est le cas de figure le plus confortable sur le plan déontologique.
À retenir. Le référencement de clients est admissible pour un CPA au Canada. Deux exigences : divulguer au client la nature de la relation et préserver son indépendance. Le risque se concentre sur les commissions indexées sur les honoraires ; un coût fixe connu d’avance, sans intervention dans la mission, est le scénario le plus simple à divulguer et à défendre devant son ordre.
Oui. Accepter un client orienté par un service de mise en relation est admissible, sous réserve de transparence envers le client et de préservation de l’indépendance professionnelle. Le point sensible est l’arrangement financier, pas la mise en relation elle-même.
La bonne pratique est d’informer le client de la nature de la relation, idéalement dès la lettre de mission. La divulgation est d’autant plus simple qu’aucun honoraire de référence n’est prélevé sur la mission.
Pas nécessairement, mais c’est l’arrangement le plus surveillé : divulgation exigée, menace sur l’indépendance, et incompatibilité possible avec certaines missions, notamment de certification. Vérifiez le texte de votre ordre avant de vous engager.
Non. Bankeo ne facture jamais de commission sur les honoraires du cabinet : le service repose sur des frais par dossier conclu, au montant connu d’avance. Les honoraires facturés au client reviennent en entier au cabinet.
Les principes (transparence, indépendance, intérêt du client) sont communs, mais les dispositions précises varient selon l’ordre provincial, et le Québec est plus restrictif sur les ristournes et commissions. Référez-vous toujours au code de votre province.
Oui. Bankeo vérifie l’inscription des comptables à leur ordre professionnel avant toute mise en relation. Plusieurs membres du réseau sont des CPA inscrits à leur ordre provincial. C’est ce qui permet de parler de comptables vérifiés.
Dernière vérification des sources : juillet 2026. Les codes évoluent ; le texte publié par votre ordre provincial fait foi.
Par Arnaud Bertrand, CEO Bankeo.
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