Entrepreneur qui incorpore son entreprise au Québec en 2026
Démarrage et incorporation

Incorporer son entreprise au Québec en 2026 : les étapes, du REQ au fédéral

17/7/2026

En bref. Pour incorporer votre entreprise au Québec en 2026, deux routes existent : la constitution provinciale auprès du Registraire des entreprises du Québec (REQ), environ 390 $ au tarif régulier, ou la constitution fédérale auprès de Corporations Canada, 200 $ en ligne, suivie d'une immatriculation obligatoire au REQ. Le parcours compte six grandes étapes : choisir le régime, vérifier un nom conforme à la Charte de la langue française, déposer les statuts de constitution, produire la déclaration initiale dans les 60 jours, organiser le livre de la société, puis ouvrir les comptes fiscaux (TPS/TVQ auprès de Revenu Québec, retenues à la source, déclarations T2 et CO-17). Tous les montants sont en dollars canadiens.

À retenir
  • Deux régimes, un même résultat. La LSAQ (provinciale, via le REQ) suffit si vous exercez surtout au Québec; la LCSA (fédérale) protège votre nom partout au Canada, mais ajoute une immatriculation au REQ et un rapport annuel de plus.
  • Les frais gouvernementaux sont publics. Environ 390 $ pour constituer au provincial (tarif indexé chaque année), 200 $ en ligne au fédéral, plus les droits annuels d'immatriculation : aucun chiffre à deviner.
  • Le certificat n'est que le début. Déclaration initiale dans les 60 jours, livre de la société, bénéficiaires ultimes, comptes TPS/TVQ et déclarations T2 et CO-17 : c'est là que la vraie conformité se joue.
  • Structurez avant de déposer. Catégories d'actions, fin d'exercice, rémunération : faites-vous jumeler gratuitement avec un comptable vérifié avant de signer les statuts.

Vous facturez de plus en plus, un client important exige de traiter avec une société, ou votre comptable vous parle de report d'impôt : l'incorporation arrive tôt ou tard dans la vie d'une entreprise québécoise qui roule. La bonne nouvelle, c'est que la procédure est balisée et que les frais gouvernementaux sont publics. La moins bonne, c'est que le web regorge de chiffres inventés et d'étapes oubliées, surtout pour les sociétés fédérales qui font affaire au Québec. Ce guide déroule les étapes 2026 dans l'ordre, du choix du régime jusqu'aux déclarations T2 et CO-17, avec les vrais tarifs gouvernementaux et, pour l'accompagnement professionnel, les honoraires réels du Baromètre Bankeo plutôt qu'une estimation au doigt mouillé.

Provincial (REQ) ou fédéral : choisissez votre régime d'abord

Première décision, avant même le nom : sous quelle loi constituer votre société par actions ? Au Québec, vous avez le choix entre la Loi sur les sociétés par actions du Québec (LSAQ), administrée par le Registraire des entreprises, et la Loi canadienne sur les sociétés par actions (LCSA), administrée par Corporations Canada. Les deux créent la même chose : une personne morale distincte de vous, imposée aux mêmes taux, capable de signer des contrats, de posséder des actifs et de limiter votre responsabilité personnelle. Les différences se jouent sur la portée du nom, les frais et la paperasse annuelle.

CritèreProvinciale (LSAQ, via le REQ)Fédérale (LCSA, via Corporations Canada)
Loi applicableLoi sur les sociétés par actions du QuébecLoi canadienne sur les sociétés par actions
Frais de constitutionEnviron 390 $ au tarif régulier 2026 (indexé chaque année)200 $ en ligne
Protection du nomAu Québec seulementPartout au Canada (rapport Nuans exigé)
Immatriculation au REQAutomatique avec la constitutionObligatoire en plus, dans les 60 jours
Obligations annuellesDéclaration de mise à jour et droits annuels au REQRapport annuel fédéral (12 $ en ligne), plus mise à jour et droits annuels au REQ
Résidence des administrateursAucune exigenceAu moins 25 % de résidents canadiens

Pour une entreprise qui exerce surtout au Québec, la constitution provinciale reste la route la plus simple : un seul registre, une seule mise à jour annuelle, aucune exigence de résidence pour les administrateurs. La constitution fédérale se justifie quand vous visez des activités pancanadiennes, que la protection du nom à l'échelle du pays compte, ou que des partenaires d'affaires la préfèrent. Retenez surtout que le choix du régime ne change rien à votre impôt : une société fédérale installée au Québec produit les mêmes déclarations T2 et CO-17 qu'une société québécoise.

Étape 1 : trouver un nom conforme (ou partir à numéro)

Votre nom d'entreprise doit respecter la Charte de la langue française : pour exercer au Québec, la société doit avoir une version française de son nom, y compris quand elle est constituée au fédéral. Le nom doit aussi se distinguer des noms déjà inscrits au registre et ne pas prêter à confusion avec une entreprise existante.

  • Vérifiez la disponibilité. La recherche dans le registre des entreprises du Québec est gratuite et publique. Au fédéral, Corporations Canada exige un rapport Nuans (13,80 $ en ligne), valide 90 jours, qui compare votre nom aux noms d'entreprises et aux marques de commerce partout au Canada.
  • La désignation numérique est l'option express. Vous pouvez constituer une société « à numéro » : aucun rapport de nom, aucune attente, et vous pourrez toujours déclarer plus tard un autre nom utilisé au Québec pour vos activités courantes.
  • Pensez au web en même temps. Vérifiez le nom de domaine et les réseaux sociaux avant de déposer : un nom légal parfait sans aucune adresse web disponible se paie cher en marketing par la suite.

Étapes 2 et 3 : déposer les statuts, puis immatriculer la société

Les statuts de constitution sont l'acte de naissance de la société. Vous y déclarez le nom (ou la désignation numérique), le siège, le nombre d'administrateurs et, surtout, la structure du capital-actions : les catégories d'actions, leurs droits (vote, dividende, remboursement) et les restrictions sur leur transfert. C'est le morceau à ne pas improviser : une structure à catégorie unique convient à un fondateur seul, mais l'arrivée d'un associé, d'un investisseur ou une planification fiscale future se prépare dès la rédaction. Modifier les statuts ensuite exige un dépôt de statuts de modification, avec de nouveaux frais.

  • Au provincial : le dépôt se fait en ligne dans les services du Registraire des entreprises. Comptez environ 390 $ au tarif régulier de 2026 (montant indexé au 1er janvier de chaque année, vérifiez le tarif en vigueur) et un traitement en quelques jours ouvrables, avec une option prioritaire moyennant supplément.
  • Au fédéral : le dépôt en ligne auprès de Corporations Canada coûte 200 $ et le certificat de constitution arrive souvent en un jour ouvrable.
  • Dans les 60 jours : la société québécoise produit sa déclaration initiale au REQ (sans frais dans ce délai); la société fédérale qui exerce au Québec doit en plus s'immatriculer au REQ, avec des frais d'immatriculation au tarif en vigueur, du même ordre que les frais de constitution.
Bon à savoir : au fédéral, vous vivrez avec deux registres

Une société fédérale qui fait affaire au Québec cumule les obligations des deux paliers : rapport annuel à Corporations Canada (12 $ en ligne) et registre des particuliers ayant un contrôle important d'un côté; immatriculation, déclaration de mise à jour annuelle et droits annuels au REQ de l'autre. Oublier l'un des deux expose la société à des pénalités, voire à la radiation. Mettez les échéances des deux registres au calendrier dès la première semaine.

Étape 4 : organiser la société (livre, actions, transparence)

Le certificat de constitution crée la société, mais elle reste une coquille vide tant que l'organisation interne n'est pas faite. C'est l'étape la plus négligée des entrepreneurs pressés, et celle qui coûte le plus cher à rattraper au moment d'un financement ou d'une vente.

  • Montez le livre de la société. Statuts, règlement intérieur, résolutions d'organisation, registres des administrateurs et des valeurs mobilières, certificats d'actions : ce livre des minutes sera exigé par la banque, les prêteurs et tout acheteur éventuel.
  • Émettez les premières actions. Les fondateurs souscrivent leurs actions contre un apport (souvent symbolique au départ) et la société consigne l'émission au registre. Sans émission d'actions, personne n'est officiellement actionnaire.
  • Déclarez la transparence. Depuis le 31 mars 2023, le REQ exige l'identification des bénéficiaires ultimes, c'est-à-dire les personnes qui détiennent ou contrôlent 25 % ou plus de la société. Au fédéral, le registre des particuliers ayant un contrôle important se dépose auprès de Corporations Canada, avec mise à jour dans les 15 jours de tout changement.
  • Prévoyez la convention entre actionnaires. À deux associés ou plus, elle règle d'avance les départs, les mésententes et le rachat des actions. La rédiger au jour 1 coûte une fraction de ce que coûte un litige.

Étape 5 : ouvrir les comptes fiscaux et lancer la conformité

Une fois la société immatriculée, le volet fiscal démarre. Le NEQ (numéro d'entreprise du Québec) est attribué à l'immatriculation; le numéro d'entreprise fédéral (NE) s'obtient auprès de l'ARC. Viennent ensuite les comptes qui suivent la vie de l'entreprise :

  • TPS et TVQ. Au Québec, les deux taxes s'administrent auprès de Revenu Québec. L'inscription devient obligatoire quand vos ventes taxables dépassent 30 000 $ sur quatre trimestres civils consécutifs; vous facturez alors la TPS de 5 % et la TVQ de 9,975 %. Notre guide TPS-TVQ pour entreprise au Québec couvre l'inscription, les taux et les crédits sur intrants.
  • Retenues à la source (DAS). Dès le premier employé, ou dès que vous vous versez un salaire, la société ouvre ses comptes de retenues auprès de l'ARC et de Revenu Québec et s'inscrit à la CNESST.
  • Année d'imposition et déclarations. Vous choisissez votre fin d'exercice (la première doit tomber dans les 53 semaines de la constitution). Chaque année, la société produit une déclaration T2 au fédéral et une CO-17 au Québec dans les six mois suivant la fin d'exercice; le solde d'impôt, lui, se paie généralement dans les deux ou trois mois.
  • Votre rémunération. Salaire, dividendes ou mix : la question se pose dès la première année. Notre guide salaire ou dividendes au Québec détaille la mécanique fiscale 2026.

Ajoutez enfin la déclaration de mise à jour annuelle au REQ, qui peut se produire en même temps que la déclaration de revenus du Québec, avec des droits annuels d'immatriculation d'environ 100 $ à 110 $ pour une société par actions (montant indexé chaque année).

Combien coûte une incorporation au Québec : les chiffres réels

Le coût d'une incorporation se décompose en deux couches : des frais gouvernementaux publics et fixes, puis des honoraires professionnels variables. Voici la première couche, celle qu'aucun prestataire ne peut gonfler :

Poste de dépenseProvinciale (LSAQ)Fédérale (LCSA)
Constitution (dépôt des statuts)Environ 390 $ au tarif régulier (indexé au 1er janvier)200 $ en ligne
Recherche ou rapport de nomRecherche gratuite au registre (aucuns frais pour une société à numéro)Rapport Nuans : 13,80 $ en ligne
Immatriculation au REQIncluse dans la constitutionEn plus, au tarif en vigueur du REQ
Obligations annuellesDroits annuels d'immatriculation (environ 100 $ à 110 $)Rapport annuel de 12 $ en ligne, plus les droits annuels du REQ
Accompagnement professionnelHonoraires réels : voir le Baromètre BankeoHonoraires réels : voir le Baromètre Bankeo

Pour la deuxième couche, méfiez-vous des chiffres ronds recopiés d'un site à l'autre. La vraie référence, ce sont des honoraires observés : une entreprise paie en médiane environ 2 000 $ par année pour ses services comptables, la plupart entre 500 $ et 6 000 $ selon le secteur, d'après les honoraires réels de 1 248 mandats conclus via Bankeo (2024-2026), sur plus de 15 000 demandes reçues. Le Baromètre Bankeo détaille ces fourchettes service par service, y compris pour un mandat d'incorporation avec mise en place comptable, et le baromètre des honoraires comptables au Québec en tire le portrait complet. Vous pouvez aussi parcourir les comptables vérifiés du réseau Bankeo pour comparer les profils avant de choisir.

Bon à savoir : l'incorporation n'est pas toujours la bonne réponse

L'avantage central de la société par actions est le report d'impôt : le revenu actif admissible à la déduction pour petite entreprise est imposé autour de 12,2 % au Québec, contre un taux personnel qui peut dépasser 50 % dans les tranches supérieures. Cet avantage ne se matérialise que si l'entreprise dégage plus d'argent que ce dont vous avez besoin pour vivre, et la DPE québécoise exige en plus 5 500 heures rémunérées, un critère que plusieurs sociétés de services à dirigeant unique ne rencontrent pas. Si tout le profit sort chaque année, les coûts récurrents (tenue de livres, T2 et CO-17, mises à jour) peuvent dépasser le gain. Faites simuler votre cas avant de déposer les statuts.

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Questions fréquentes

Incorporation provinciale ou fédérale : laquelle choisir au Québec ?

Pour une entreprise qui exerce surtout au Québec, la constitution provinciale (LSAQ, via le REQ) est généralement la plus simple : un seul registre, aucune exigence de résidence pour les administrateurs. La constitution fédérale (LCSA) protège votre nom partout au Canada et rassure certains partenaires, mais ajoute une immatriculation au REQ, un rapport annuel fédéral et l'exigence d'au moins 25 % d'administrateurs résidents canadiens. Fiscalement, les deux régimes sont identiques.

Combien coûte l'incorporation d'une entreprise au Québec en 2026 ?

Les frais gouvernementaux sont publics : environ 390 $ pour constituer au provincial (tarif régulier, indexé chaque année), ou 200 $ en ligne au fédéral, plus le rapport Nuans et l'immatriculation au REQ pour une société fédérale. Pour l'accompagnement, fiez-vous à des honoraires observés plutôt qu'à des chiffres inventés : en médiane, une entreprise paie environ 2 000 $ par année pour ses services comptables, la plupart entre 500 $ et 6 000 $, d'après les honoraires réels de 1 248 mandats conclus via Bankeo (2024-2026), sur plus de 15 000 demandes reçues. Le Baromètre Bankeo détaille ces fourchettes par service.

Combien de temps prend une incorporation au Québec ?

Le certificat lui-même arrive vite : souvent un jour ouvrable pour un dépôt en ligne au fédéral, et quelques jours ouvrables au REQ au tarif régulier, avec une option de traitement prioritaire moyennant supplément. Le vrai délai se joue après : déclaration initiale ou immatriculation dans les 60 jours, organisation du livre de la société, ouverture des comptes fiscaux. Prévoyez quelques semaines pour une mise en route complète et propre.

Peut-on s'incorporer soi-même, sans professionnel ?

Oui, les dépôts se font en ligne et rien ne vous oblige à passer par un professionnel. Le risque n'est pas dans le formulaire, il est dans les choix : une structure d'actions à catégorie unique qui bloque l'arrivée d'un associé, une fin d'exercice mal choisie, une déclaration initiale oubliée, des comptes TPS/TVQ ouverts en retard. Un comptable structure le volet fiscal et un juriste rédige le livre et la convention entre actionnaires; pour beaucoup de fondateurs, c'est un investissement qui se rembourse à la première erreur évitée.

Quelles sont les obligations après l'incorporation ?

Au Québec : déclaration initiale dans les 60 jours, puis déclaration de mise à jour annuelle et droits annuels au REQ, avec identification des bénéficiaires ultimes. Une société fédérale ajoute le rapport annuel à Corporations Canada et le registre des particuliers ayant un contrôle important. Côté fiscal : déclarations T2 et CO-17 chaque année dans les six mois suivant la fin d'exercice, inscription aux fichiers TPS/TVQ auprès de Revenu Québec passé 30 000 $ de ventes taxables, et retenues à la source dès le premier salaire versé.

À partir de quel revenu l'incorporation devient-elle avantageuse ?

Il n'existe pas de seuil universel. L'avantage vient surtout du report d'impôt : le revenu admissible à la déduction pour petite entreprise est imposé autour de 12,2 % au Québec, contre un taux personnel qui grimpe beaucoup plus haut. L'incorporation paie donc quand l'entreprise génère durablement plus que vos besoins personnels et que le surplus peut rester dans la société. Attention au critère des 5 500 heures rémunérées pour la DPE québécoise des sociétés de services. La bonne pratique : faire simuler votre situation par un comptable avant de déposer les statuts.

Sources officielles

  1. Registraire des entreprises du Québec, Constituer et immatriculer une entreprise
  2. Corporations Canada, Constitution d'une société de régime fédéral
  3. Revenu Québec, Impôt des sociétés
  4. Agence du revenu du Canada, Impôt sur le revenu des sociétés
  5. Ordre des CPA du Québec
Note

Information générale fournie à titre indicatif, à jour des règles fiscales 2026 connues. Elle ne remplace pas l'avis d'un comptable ou expert-comptable : consultez toujours un professionnel pour votre situation.

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