En bref. Pour incorporer votre entreprise au Québec en 2026, deux routes existent : la constitution provinciale auprès du Registraire des entreprises du Québec (REQ), environ 390 $ au tarif régulier, ou la constitution fédérale auprès de Corporations Canada, 200 $ en ligne, suivie d'une immatriculation obligatoire au REQ. Le parcours compte six grandes étapes : choisir le régime, vérifier un nom conforme à la Charte de la langue française, déposer les statuts de constitution, produire la déclaration initiale dans les 60 jours, organiser le livre de la société, puis ouvrir les comptes fiscaux (TPS/TVQ auprès de Revenu Québec, retenues à la source, déclarations T2 et CO-17). Tous les montants sont en dollars canadiens.
Vous facturez de plus en plus, un client important exige de traiter avec une société, ou votre comptable vous parle de report d'impôt : l'incorporation arrive tôt ou tard dans la vie d'une entreprise québécoise qui roule. La bonne nouvelle, c'est que la procédure est balisée et que les frais gouvernementaux sont publics. La moins bonne, c'est que le web regorge de chiffres inventés et d'étapes oubliées, surtout pour les sociétés fédérales qui font affaire au Québec. Ce guide déroule les étapes 2026 dans l'ordre, du choix du régime jusqu'aux déclarations T2 et CO-17, avec les vrais tarifs gouvernementaux et, pour l'accompagnement professionnel, les honoraires réels du Baromètre Bankeo plutôt qu'une estimation au doigt mouillé.
Première décision, avant même le nom : sous quelle loi constituer votre société par actions ? Au Québec, vous avez le choix entre la Loi sur les sociétés par actions du Québec (LSAQ), administrée par le Registraire des entreprises, et la Loi canadienne sur les sociétés par actions (LCSA), administrée par Corporations Canada. Les deux créent la même chose : une personne morale distincte de vous, imposée aux mêmes taux, capable de signer des contrats, de posséder des actifs et de limiter votre responsabilité personnelle. Les différences se jouent sur la portée du nom, les frais et la paperasse annuelle.
| Critère | Provinciale (LSAQ, via le REQ) | Fédérale (LCSA, via Corporations Canada) |
|---|---|---|
| Loi applicable | Loi sur les sociétés par actions du Québec | Loi canadienne sur les sociétés par actions |
| Frais de constitution | Environ 390 $ au tarif régulier 2026 (indexé chaque année) | 200 $ en ligne |
| Protection du nom | Au Québec seulement | Partout au Canada (rapport Nuans exigé) |
| Immatriculation au REQ | Automatique avec la constitution | Obligatoire en plus, dans les 60 jours |
| Obligations annuelles | Déclaration de mise à jour et droits annuels au REQ | Rapport annuel fédéral (12 $ en ligne), plus mise à jour et droits annuels au REQ |
| Résidence des administrateurs | Aucune exigence | Au moins 25 % de résidents canadiens |
Pour une entreprise qui exerce surtout au Québec, la constitution provinciale reste la route la plus simple : un seul registre, une seule mise à jour annuelle, aucune exigence de résidence pour les administrateurs. La constitution fédérale se justifie quand vous visez des activités pancanadiennes, que la protection du nom à l'échelle du pays compte, ou que des partenaires d'affaires la préfèrent. Retenez surtout que le choix du régime ne change rien à votre impôt : une société fédérale installée au Québec produit les mêmes déclarations T2 et CO-17 qu'une société québécoise.
Votre nom d'entreprise doit respecter la Charte de la langue française : pour exercer au Québec, la société doit avoir une version française de son nom, y compris quand elle est constituée au fédéral. Le nom doit aussi se distinguer des noms déjà inscrits au registre et ne pas prêter à confusion avec une entreprise existante.
Les statuts de constitution sont l'acte de naissance de la société. Vous y déclarez le nom (ou la désignation numérique), le siège, le nombre d'administrateurs et, surtout, la structure du capital-actions : les catégories d'actions, leurs droits (vote, dividende, remboursement) et les restrictions sur leur transfert. C'est le morceau à ne pas improviser : une structure à catégorie unique convient à un fondateur seul, mais l'arrivée d'un associé, d'un investisseur ou une planification fiscale future se prépare dès la rédaction. Modifier les statuts ensuite exige un dépôt de statuts de modification, avec de nouveaux frais.
Une société fédérale qui fait affaire au Québec cumule les obligations des deux paliers : rapport annuel à Corporations Canada (12 $ en ligne) et registre des particuliers ayant un contrôle important d'un côté; immatriculation, déclaration de mise à jour annuelle et droits annuels au REQ de l'autre. Oublier l'un des deux expose la société à des pénalités, voire à la radiation. Mettez les échéances des deux registres au calendrier dès la première semaine.
Le certificat de constitution crée la société, mais elle reste une coquille vide tant que l'organisation interne n'est pas faite. C'est l'étape la plus négligée des entrepreneurs pressés, et celle qui coûte le plus cher à rattraper au moment d'un financement ou d'une vente.
Une fois la société immatriculée, le volet fiscal démarre. Le NEQ (numéro d'entreprise du Québec) est attribué à l'immatriculation; le numéro d'entreprise fédéral (NE) s'obtient auprès de l'ARC. Viennent ensuite les comptes qui suivent la vie de l'entreprise :
Ajoutez enfin la déclaration de mise à jour annuelle au REQ, qui peut se produire en même temps que la déclaration de revenus du Québec, avec des droits annuels d'immatriculation d'environ 100 $ à 110 $ pour une société par actions (montant indexé chaque année).
Le coût d'une incorporation se décompose en deux couches : des frais gouvernementaux publics et fixes, puis des honoraires professionnels variables. Voici la première couche, celle qu'aucun prestataire ne peut gonfler :
| Poste de dépense | Provinciale (LSAQ) | Fédérale (LCSA) |
|---|---|---|
| Constitution (dépôt des statuts) | Environ 390 $ au tarif régulier (indexé au 1er janvier) | 200 $ en ligne |
| Recherche ou rapport de nom | Recherche gratuite au registre (aucuns frais pour une société à numéro) | Rapport Nuans : 13,80 $ en ligne |
| Immatriculation au REQ | Incluse dans la constitution | En plus, au tarif en vigueur du REQ |
| Obligations annuelles | Droits annuels d'immatriculation (environ 100 $ à 110 $) | Rapport annuel de 12 $ en ligne, plus les droits annuels du REQ |
| Accompagnement professionnel | Honoraires réels : voir le Baromètre Bankeo | Honoraires réels : voir le Baromètre Bankeo |
Pour la deuxième couche, méfiez-vous des chiffres ronds recopiés d'un site à l'autre. La vraie référence, ce sont des honoraires observés : une entreprise paie en médiane environ 2 000 $ par année pour ses services comptables, la plupart entre 500 $ et 6 000 $ selon le secteur, d'après les honoraires réels de 1 248 mandats conclus via Bankeo (2024-2026), sur plus de 15 000 demandes reçues. Le Baromètre Bankeo détaille ces fourchettes service par service, y compris pour un mandat d'incorporation avec mise en place comptable, et le baromètre des honoraires comptables au Québec en tire le portrait complet. Vous pouvez aussi parcourir les comptables vérifiés du réseau Bankeo pour comparer les profils avant de choisir.
L'avantage central de la société par actions est le report d'impôt : le revenu actif admissible à la déduction pour petite entreprise est imposé autour de 12,2 % au Québec, contre un taux personnel qui peut dépasser 50 % dans les tranches supérieures. Cet avantage ne se matérialise que si l'entreprise dégage plus d'argent que ce dont vous avez besoin pour vivre, et la DPE québécoise exige en plus 5 500 heures rémunérées, un critère que plusieurs sociétés de services à dirigeant unique ne rencontrent pas. Si tout le profit sort chaque année, les coûts récurrents (tenue de livres, T2 et CO-17, mises à jour) peuvent dépasser le gain. Faites simuler votre cas avant de déposer les statuts.
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Trouver mon comptablePour une entreprise qui exerce surtout au Québec, la constitution provinciale (LSAQ, via le REQ) est généralement la plus simple : un seul registre, aucune exigence de résidence pour les administrateurs. La constitution fédérale (LCSA) protège votre nom partout au Canada et rassure certains partenaires, mais ajoute une immatriculation au REQ, un rapport annuel fédéral et l'exigence d'au moins 25 % d'administrateurs résidents canadiens. Fiscalement, les deux régimes sont identiques.
Les frais gouvernementaux sont publics : environ 390 $ pour constituer au provincial (tarif régulier, indexé chaque année), ou 200 $ en ligne au fédéral, plus le rapport Nuans et l'immatriculation au REQ pour une société fédérale. Pour l'accompagnement, fiez-vous à des honoraires observés plutôt qu'à des chiffres inventés : en médiane, une entreprise paie environ 2 000 $ par année pour ses services comptables, la plupart entre 500 $ et 6 000 $, d'après les honoraires réels de 1 248 mandats conclus via Bankeo (2024-2026), sur plus de 15 000 demandes reçues. Le Baromètre Bankeo détaille ces fourchettes par service.
Le certificat lui-même arrive vite : souvent un jour ouvrable pour un dépôt en ligne au fédéral, et quelques jours ouvrables au REQ au tarif régulier, avec une option de traitement prioritaire moyennant supplément. Le vrai délai se joue après : déclaration initiale ou immatriculation dans les 60 jours, organisation du livre de la société, ouverture des comptes fiscaux. Prévoyez quelques semaines pour une mise en route complète et propre.
Oui, les dépôts se font en ligne et rien ne vous oblige à passer par un professionnel. Le risque n'est pas dans le formulaire, il est dans les choix : une structure d'actions à catégorie unique qui bloque l'arrivée d'un associé, une fin d'exercice mal choisie, une déclaration initiale oubliée, des comptes TPS/TVQ ouverts en retard. Un comptable structure le volet fiscal et un juriste rédige le livre et la convention entre actionnaires; pour beaucoup de fondateurs, c'est un investissement qui se rembourse à la première erreur évitée.
Au Québec : déclaration initiale dans les 60 jours, puis déclaration de mise à jour annuelle et droits annuels au REQ, avec identification des bénéficiaires ultimes. Une société fédérale ajoute le rapport annuel à Corporations Canada et le registre des particuliers ayant un contrôle important. Côté fiscal : déclarations T2 et CO-17 chaque année dans les six mois suivant la fin d'exercice, inscription aux fichiers TPS/TVQ auprès de Revenu Québec passé 30 000 $ de ventes taxables, et retenues à la source dès le premier salaire versé.
Il n'existe pas de seuil universel. L'avantage vient surtout du report d'impôt : le revenu admissible à la déduction pour petite entreprise est imposé autour de 12,2 % au Québec, contre un taux personnel qui grimpe beaucoup plus haut. L'incorporation paie donc quand l'entreprise génère durablement plus que vos besoins personnels et que le surplus peut rester dans la société. Attention au critère des 5 500 heures rémunérées pour la DPE québécoise des sociétés de services. La bonne pratique : faire simuler votre situation par un comptable avant de déposer les statuts.
Information générale fournie à titre indicatif, à jour des règles fiscales 2026 connues. Elle ne remplace pas l'avis d'un comptable ou expert-comptable : consultez toujours un professionnel pour votre situation.
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